Simplicities
Le Musée Mode & Dentelle vous invite à explorer la simplicité du vêtement. Balayant plus de deux siècles d’histoire, cette nouvelle exposition revient sur les moments où le vêtement tend vers l’épure, la fonction, et le naturel. Souvent associée au luxe, au faste, à la nouveauté, la mode se révèle ici comme le miroir des évolutions culturelles et sociales. Un thème peu étudié jusqu’à aujourd’hui.
Retracer l’histoire de cette quête de naturel et d’authenticité permet non seulement de replacer nos préoccupations contemporaines dans une perspective longue, mais aussi d’en interroger les ambiguïtés, les tensions et les zones d’ombre.
Mathilde Semal, commissaire
Simplicites débute à la fin du 18e siècle. Philosophie des Lumières, discours médicaux et hygiénistes appellent à une réforme profonde des manières de paraître. Un retour au naturel se manifestant par un rejet des artifices correcteurs, des coupes nouvelles, des matières respirantes et d’un vocabulaire esthétique inspiré de l’Antiquité. L’idéal vestimentaire devient le reflet d’un nouvel art de vivre mêlant confort, liberté du corps et proximité avec la nature.
L’exposition s’articule autour de six chapitres évoquant les différents aspects de cette simplicité. Puisées au fil de l’Histoire, les pièces présentées côtoient des silhouettes de créateurs ou créatrices contemporaines tels Dries van Notten, Ester Manas, Issaye Miyake ou Ann Demeuleemester pour faire émerger la continuité, les résurgences et paradoxes de cette esthétique. Découvrez cette facette inédite de l’histoire de la mode.
Le parcours de l’exposition
De la fin du 18e siècle à nos jours, l’histoire de la mode occidentale est ponctuée de ces moments où l’épure, la fonction et le naturel s’imposent comme des réponses à des périodes d’excès.
Mathilde Semal, commissaire
L’exposition s’articule autour de six chapitres thématiques. Ils reflétent les différents modes d’expression de cette simplicité. Conçus de manière diachronique, ces chapitres font dialoguer des pièces issues de périodes distinctes. Ils mettent en lumière les continuités, résurgences et paradoxes de cette esthétique à travers les siècles :
- Libérer le corps féminin des contraintes vestimentaires constitue un enjeu récurrent. Ainsi, l’exposition s’ouvre sur une Chemise à la Reine. D’une simplicité radicale, cette pièce des années 1780 dialogue avec une silhouette de Martin Margiela plus de deux siècle après.
- Le deuxième chapitre met en lumière l’influence durable de l’esthétique néoclassique. Notamment à travers la robe Empire. Mariano Fortuny, Madeleine Vionnet, Madame Grès ou encore Issey Miyake revisitent l’idéal antique pour répondre à la modernité de leur époque.
- Fantasmée comme au 18e siècle, marquée par un souffle libertaire dans les années 70, le retour à la nature traverse les époques. Inspirant également Dries van Noten ou Jacquemus. Ces deux créateurs transposent champs fleuris, forêts ou jardins pour la scénographie de leurs défilés. Aujourd’hui, le mouvement #cottagecore ou #gorpcore, réactivé après la crise sanitaire de 2020, perpétue cet intérêt pour la nature.
- La simplicité vestimentaire s’incarne aussi dans les formes pensées pour l’usage, la mobilité et l’adaptation au quotidien. Frac, redingote, robe à l’anglaise s’invitent dans la garde-robe. Le fonctionnalisme de ces pièces préfigurent déjà le sportswear.
- Simple et sobre, la silhouette masculine marque la garde-robe féminine. Les costumes-tailleurs révèlent comment l’emprunt au masculin devient un levier d’émancipation. Plus tard, il nourrit les ambitions professionnelles avec le power dressing des années 1980 et 1990.
- Le dernier chapitre de l’exposition propose une lecture des années 1990 comme un moment de synthèse. Une nouvelle génération de créateurs et créatrices élève la simplicité au rang de manifeste esthétique : Ann Demeulemeester en Belgique, Calvin Klein aux Etats-Unis. Aujourd’hui, des créations épurées comme celles de Nicolas di Felice pour Courrèges prolongent l’esprit minimaliste avec une vision contemporaine.